Parfois elle se lève le matin déjà fatiguée alors que visiblement elle a assez dormi, elle s'est endormie difficilement ses pensées lui donne mal au crâne, les mots se martèlent et les images se percutent. C'est un film assez violent dans sa tête. Trop d'amour, trop de joie, trop de peine, toujours dans le trop plein. Elle fait partie de ses gens qui veulent vivre trop. Son sommeil est profond elle fait beaucoup de rêves. Exilée de la nuit elle est épuisée au réveil de devoir se réadapter à ce monde qui chaque jour la surprend, la blesse, lui montre ses richesses, ses possibilités, et il est parfois compliqué pour elle de trouver son chemin. Toutes ces sensations submergent son âme morcelée, elle est une pelote d'émotions qui s'éffile toute la journée. C'est une fille éparpillée qui oscille entre bonheur et tristesse, l'envie d'ailleurs et le besoin de rester, elle a la folie de l'amour profond et la liberté maladive. Elle part chaque jour à la conquête des mots pour avoir l'impression d'exister entre les lignes et elle se repose sur des rimes auxquelles elle peine parfois à donner un sens, c'est une sensible des phrases, des sons, des odeurs et des gestes. Elle semble souvent désorientée, en réalité elle est happée par tout ce qui l'entoure mais elle garde l'équilibre même si elle marche de travers. Elle cherche à donner un sens à tout et à tous, même ce qui ne s’explique pas, elle n'a besoin de personne, elle a besoin de tout le monde. Souvent elle est déçue pourtant elle ne renonce pas, elle fonce quitte à se ramasser, puis elle recule, et elle ose. Elle a le goût du risque dès qu'elle est debout même si elle hésite quelques fois. Rien ne l'arrête dans ses décisions. C'est une écorchée qui porte un sourire recousu, une intellectuelle dissimulée curieuse de la vie qui la malmené, désireuse de découvrir ce qu'il y a de meilleur en elle et en les autres, une amoureuse du bonheur qui souvent a l'impression qu'elle va tomber alors elle lâche prise se raccrochant à l'édifice de sa vie qu'elle s'est reconstruite dans la nuit. À peine le réveil sonne elle le bazarde, vas t-en vivre ! Se dit-elle.
AV